Catherine parle de ses films...
"Avec Truffaut, tout passe par les mots. Chez Bunuel, beaucoup moins. Il met les acteurs dans une situation telle qu'ils sont obligés de faire très précisément ce qu'il veut. Il a une sorte de pudeur à dire les choses. Je ne crois pas qu'il pourrait travailler avec des comédiens tourmentés. D'ailleurs, il s'entoure toujours des mêmes Piccoli, Fernando Rey, etc..Il aime que les tournages ne soient pas très longs. Et puis, c'est quelqu'un qui a un humour terrible. Polanski, lui est un metteur en scène qui mime tout. Si vous devez vous allongez par terre, il fera d'abord le tapis. Il est incroyable. Il adore les acteurs, mais avant tout il adore jouer. Quant à Truffaut, c'est quelqu'un qui écrit pour les acteurs qu'il a choisis. Donc, vous savez que le rôle a été conçu pour vous. Truffaut m'a beaucoup aidée à participer, à m'ouvrir aux autres."
Catherine Deneuve.
L'HOMME A FEMMES
Quand j'avais 17 ans, on m'a engagée dans L'Homme à femmes. Et je ne pense pas que l'on mait choisie pour d'autres raisons que des qualités physiques. Ecoutez, je crois même que mon physique au départ a été pour 95 % de ma carrière. Ne serait-ce parce qu'à l'époque je n'étais pas encore une actrice, une professionnelle.
LES PARAPLUIES DE CHERBOURG
Il est impossible, rétrospectivement, d'exprimer quelle aventure extraordianire a été ce film. Le nombre de problèmes techniques qu'il posait était assez incroyable, avec ces musiques pré-enregistrées, ce travail en play-back et la minutie dans la prepaération et la réalisation qu'impliquait tout cela. J'ai toujours pensé que le résultat tenait du miracle. Il s'est passé durant le tournage une sorte de phénomène curieux, comme un état de grâce ressenti par tous. Encore aujourd'hui, je connais le film par coeur. En apprenant mon rôle, durant deux mois chaque jour, il m'est entré en mémoire au point que si j'entends le disque, tout me reviens et je le récite ou le chante automatiquement...Ce fut passionnant...Mais les difficultés étaient telles. La loi du chronomètre fut si forte, qu'il nous fallait travailler en équipe, très étroitement. Et puis nous inventions. Nous n'avions, pour la plupart, pas d'expérience à faire valoir. Ce côté-là aussin d'avoir à inventer, était excitant. Nous vivions tous immergés dans le film, à Cherbourg, avec l'aimable complicité des gens de là-bas, et ce durant deux mois, au point que la réalité ne pouvait, lorqu'elle interférait, venir à bout de notre passion. Car, autour de nous, la vie suivait son cours. Il s'agissait en fait, je le reconnais, d'une histoire assez cruelle. Mais il m'était impossible d'aborder ce personnage de façon habituelle. J'étais, que je le voulusse ou non, conditionnée par la structure musicaledu film, et les émotions qu'elle pouvait distiller presque indépendamment de moi, parfois avant que je n'aie à les exprimer par le jeu scénique. Je me suis adaptée avec assez de facilité aux problèmes que cela posait. Mais je ne sais pas si aujourd'hui, cela me serait encore possible...Demy m'a marquée plus définitivement qu'aucun autre réalisateur. L'image qu'a imposée de moi les Parapluies de Cherbourg correspond quelque part à une vérité de moi-même. Par ailleurs, ce film a décidé fondamentalement de ma carrière. Sans lui, et malgré les quelques expériences qui précédaient, je ne suis pas sûre que j'aurais embrassé cette carrière.
REPULSION
...J'ai gardé un merveilleux souvenir de Repulsion, parce que nous étions, pendant le tournage, comme deux émigrés à Londres, Roman et moi, les deux seuls à parler le français. Ce qui est formidable avec lui, c'est qu'il supervise lui-même absolument tout. il a été acteur, il fait le décor, il connaît les lumières. Dans son école de cinéma, on lui a tout appris. c'est la raison pour laquelle ses films ont vraiment un goût. Je ne parle pas de obn goût, mais un goû simplement, le goût Polanski. En plus j'ai beaucoup apprécié le côté morbide de mon personnage. C'est très agréable, pour un acteur, de jouer une méchante: on a vraiment quelque chose à faire, on le sent bien. C'est d'ailleurs un peu la même chose dans les comédies: on court, on fonce, on joue sur son mouvement.
LA VIE DE CHATEAU
...On vous propose des rôles en fonction de ce que l'on connaît, ou croit connaître de vous. Je rêve d'être à la fois une vedette et une actrice. C'est-à-dire que le personnage prenne le pas sur moi dans le film. C'est pour cela qu'à l'époque je me suis emballée pour La Vie de château, qui n'avait pas été écrit pour moi; j'avais alors une étiquette de jeune première romantique...
LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT
...Il s'agissait plus précisément d'une comédie musicale, avec une structure scénarisitique plus complexe. Et, au niveau de l'interprétation, ce côté "dansé" ajoutait une dimension non négligeable. Ce fut beaucoup plus difficile pour moi. D'abord, les rapports avec jacques Demy étaient plus distants, par la force des choses et compte tenu de l'appareillage énorme mis en place. Et puis, à tort ou à raison, et peut-être à cause du caractère énorme, techniquement parlant, de l'entreprise, je n'ai pas senti cette grâce qui avait baigné tout le tournage des "parapluies"...J'ai suivi des cours de danse durant des mois et des mois. Le tournage ensuite, m'a donné beaucoup de plaisir. Par la suite, on m'a fait un certain nombre de propositions, américaines en général, pour tourner des comédies musicales, mais aucune n'a vraiment abouti. Je ne sais toujours pas si je e regrette. Ca me tentait assez de poursuivre dans ce domaine, mais, par ailleurs, j'avais quelques doutes sur mes capacités réelles d'interprête de comédies musicales. Les circonstances ont décidé pour moi...
BELLE DE JOUR
"Ce qui est indispensable...C'est de donner, au cours d'un film, ne fût-ce qu'un instant, l'envie à un cinéaste de vous voir d'un autre oeil. Il n'est pas de plus grande récompense pour un comédien d'inspirer un créateur."
MANON 70
FOLIES D'AVRIL
LA SIRENE DU MISSISSIPI
TRISTANA
Tristana est un de mes grands souvenirs. Le tournage s'est très bien passé. Bunuel était revenu en Espagne et j'étais attirée par le mystère de ce personnage féminin, son comportement, ses pulsions. La différence du cinéma avec le roman, c'est qu'on peut dire des choses avec les mots et en exprimer d'autres, en jouant. Dans Tristana, il y avait eu l'idée du mensonge et du détournement des mots. Les acteurs réagissent mieux quand on leur demande ce qui correspond à leur nature profonde. Voilà ce qui m'intéresse au cinéma. C'est pourquoi j'aurais voulu tourner avec Hitchcock. Ce la a failli se faire, le projet n'a pas abouti. Je l'ai toujours regretté...Bunuel m'a demandé, pour interprêter tristana, d'adopter une coiffure stricte, ch^^atain foncé, il m'a laissé carte blanche pour l'habillement qui devait être modeste et il m'a demandé de jouer pratiquement sans maquillage sauf en ce qui concerne la fin de l'histoire, où, justement, certains effets dramatiques exigeaient une transformation très accentuée de l'apparence physique du personnage. Je n'étais pas au bout de mes surprises, car lorsque je suis arrivée à l'aéroport de Madrid, Bunuel a commencé par me conduire dans un atelier où j'ai essayé ma 'jambe de bois, oui, une superbe jambe de bois fabriquée sur mesure que tristana, par la force des choses, porte dans une partie de cette histoire, qui reste pourtant d'un bout à l'autre une histoire d'amour...Le tournage de Tristana a été très euphorique malgré le côté souvent très dramatique du scénario, car l'optique de bunuel, même lorsqu'il filme une histoire dure, reste celle de l'humour noir...Bunuel est d'une pudeur extrême qui le rend très impatient et désireux d'enregistrer les scènes le plus vite possible: il souffre réellement d'entendre plusieurs fois le même texte, de voir plusieurs fois les mêmes gestes; c'est pourquoi, il demande très peu de répétitions, s'efforce de ne tourner qu'une seule fois chaque plan afin de passer au suivant...Contrairement à ce que l'on peut penser, le plus difficile ne fut pas de jouer la seconde partie du film où Tristana est devenue méchante. Non, la première partie me partu plus complexe; c'est très difficile de jouer la naïveté...Mais Bunuel est finalement quelqu'un de très simple et qui a horreur de chercher une signification psychologique à ses personnages. Pendant le tournage, il n'arrêtait pas de nous dire avec humour: "Et surtout, pas de psychologie !"
"On parle souvent de Bunuel comme d'un cinéaste onirique qui filme instinctivement des rêves et des obsessions. C'est oublier qu'il est d'abord un formidable conteur d'histoires, un scénariste diabolique qui améliore sans cesse le script pour rendre l'anecdote plus intrigante, plus prenante."
PEAU D'ANE

CA N'ARRIVE QU'AUX AUTRES
La mort d'un enfant est la chose la plus cruelle du monde. Rien que ça m'empêcherait de croire en Dieu. C'est inacceptable, et il n'y a pas d'explication possible. c'est la chose la plus injuste pour moi, et il n'y a pas plus cruel que ça. C'est un film d'amour mais très violent. A la fin du tournage, j'étais exténuée. Nadine me disait toujours en souriant: "Toi, tu es indestructible !"C'est vrai que, phuysiquement, j'ai du mal à m'affaisser. j'ai fait de la danse et je me tiens droite; je n'y peux rien. Mais moralement, ce fut pénible, car Nadine revivait la mort de son enfant. J'ai été très peinée des reproches qu'on lui a faits, car je ne trouve pas indécent pour un metteur en scène de raconter une chose qui lui est arrivée. Ca n'arrive qu'aux autres est un film auquel je tiens beaucoup, car c'est un film qui donne l'espoir et qui montre qu'avec l'amour, on peut retrouver un goût pour les choses de la vie.
LIZA
L'EVENEMENT LE PLUS IMPORTANT DEPUIS QUE L'HOMME A MARCHE SUR LA LUNE
TOUCHE PAS A LA FEMME BLANCHE
LA GRANDE BOURGEOISE
ZIG ZIG
"Différentes dans la forme, oui, mais très semblables au fond. Je me sens complice avec Bernadette"
"..L'échec de Zig Zig ne m'empêchera pas le cas échéant de tourner avec des metteurs en scène jeunes, voire inconnus, à condition que le sujet me plaise.."
LE SAUVAGE
LA CITE DES DANGERS
AMES PERDUES
SI C'ETAIT A REFAIRE
COUP DE FOUDRE (Inachevé)
ECOUTE VOIR
Autre expérience intéressante: Ecoute Voir, de hugo Santiago. C'est vrai, j'ai pris des risuqes, surtout avec des réalisateurs qui n'étaient pas 'cartésiens'. Cela tient à ma volonté d'aller, de temps en temps, vers le déraisonnable. C'est comme un rythme biologique. Je me tiens souvent sur la réserve, c'est mon caractère..j'ai été ravie de jouer ce rôle non conventionnel. D'autant que lorqu'au cinéma on montre un homme dans l'exercice de son métier, on ne lui demande pas de faire ses preuves. pour une femme, c'est encore tellement nouveau que l'on attend la démonstration; Alors, cela m'amusait de montrer une femme, qui; dans un métier d'homme, ne profite pas de son charme féminin, mais adopte des attitudes masculines: elle est dure, agressive, ironique, sans peurs et sans scrupules..Bien que le film ne soit pas entièrement réussi, j'aime beaucoup Ecoute Voir..
A NOUS DEUX
Lelouch, il travaille comme j'aime: vite !
COURAGE FUYONS
J'ai énormément aimé travailler avec Yves Robert, sur Courage fuyons, qui était fait sur un scénario de Dabadie, que j'ai lu, vraiment, en hurlant de plaisir.
LE DERNIER METRO

HOTEL DES AMERIQUES
LE CHOC
L'AFRICAIN
LES PREDATEURS
LE BON PLAISIR
FORT SAGANNE
Je n'apparais que dix ou douze minutes dans Fort Saganne. J'ai d'ailleurs un peu hésité à accepter le rôle, car il est très court. Mais je me suis trouvée confrontée à mes propres paradoxes car j'ai souvent dit que ce qui compte pour moi, c'est davantage les films que les rôles. Comme, de surcroît, le scénario est un des plus beaux qu'il m'ait été donné de lire, et que Corneau ainsi que Depardieu étaient de la partie, mes hésitations se sont vite évanouies. J'ai d'abord été attirée par le côté moderne du personnage, l'idée que cette journaliste s'engage et prenne des décisions, chose qui n'est pas courante à l'époque où se déroule l'intrigue. Louise est tout sauf une femme conventionnelle. Elle éprouve une très grande curiosité envers Saganne, un homme qui est assez éloigné d'elle, mais chez qui elle sent une grande force et une pureté qui l'attirent. Le personnage de Louise est superbe, et malgré le fait qu'on la voit très peu à l'écran, son importance est grande dans l'histoire elle-même.
PAROLES ET MUSIQUE
"Le film a été écrit par un homme, et j'ai le sentiment, par moments, que c'est une vision féminine des femmes. Vraisemblablement à cause d'une justesse dans les détails, dans la façon d'appréhender et de mélanger les choses...Cette perception, disons, de la difficulté qu'ont les femmes à vivre intensément, à toujours rechercher une forme de perfection à la fois dans le travail et les rapports humains. Les femmes sont très attentives, je crois, à réussir leur vie professionnelle mais aussi leur vie personnelle. C'est ça qui me plaît bien dans le personnage de Margaux. J'aimais bien aussi ce côté léger et grave. A la lecture du scénario d'ailleurs, j'avais retrouvé le charme de ce que j'avais aimé dans Qu'est-ce qui fait courir David? Ayant vu David, il y a des scènes dont je sentais bien ce qu'il allait en faire."
POLA X
"Ce qui m'a le plus surprise chez Leos, C'est sa timidité, sa sensibilité à fleur de peau et sa détermination à faire le film coûte que coûte. Je l'aime beaucoup. J'ai accepté plus parce que je savais que ce serait intéressant de tourner avec lui que pour le rôle lui-même. Mon personnage est très symbolique. C'est LA mère avec tout ce que ça représente d'amour, de puissance et de danger. J'ai beaucoup aimé tourner avec guillaume, c'est un garçon touchant, singulier, plus fort qu'on ne le croit..."
LE VENT DE LA NUIT
"J'avais aimé J'entends plus la guitare. Et au hasard d'une rencontre, on a bavardé et évoqué la possibilité de faire un film ensemble; j'ai dit: "Pourquoi pas?" Il m'avait même proposé d'écrire avec lui mais j'ai renoncé......Sur le tournage, Philippe est attentifet il essaie de ne faire qu'une seule prise par plan. Il faut donc vraiment rester présent, ne pas s'absenter dans sa tête.C'est un défi supplémentaire. Mais ce n'est pas pour travailler à tout prix avec un auteur que j'ai accepté ce film. Juste l'envie de tourner avec un poète."
BELLE MAMAN
"C'est une comédie qui transgresse tous les tabous. Elle aborde de manière assez légère, culottée, et sans être démonstrative, des sujets qui sont des vrais faits de sociétés. C'est quand même l'histoire d'un homme qui tombe amoureux de sa belle-mère le jour de son mariage ! Ca me plaît que ce ne soit pas moral. Il n'y a rien àfaire, la comédie, c'est quand même une autre ambiance sur un plateau. Il y a un rythme dur à trouver, mais on sourit plus souvent que sur un drame. On est moins seul..."